Partout le bonheur m’attend
Partout dans la nature le bonheur m’attend

Je marche dans de vastes prairies
Je navigue sur des fleuves vigoureux

J’ai habité – jadis – dans des forêts cachées
Cachées aux yeux seulement des humais qui voulaient les détruire
J’étais gardienne
J’étais sorcière

On est en 2050 et j’ai 160 ans

J’ai vu la destruction progressive puis accélérée de la nature
Sous mes yeux effarés
Je n’y ai pas cru – et pourtant c’était vrai –

Comment y croire ?

Des forêts décimées
Des animaux massacrés
Des humains naufragés
Et des enfants perdus

J’ai 160 ans et je ne veux plus jamais voir ça

Il y eut des sursauts
Des femmes se sont soulevées
Des hommes aussi
Des enfants se sont dressés contre toutes ces destructions

Il y eut des luttes, des combats
Et aussi des victoires

Ce fut long

Partout le bonheur, maintenant, dans la nature m’attend

Je grimpe aux sommets d’immenses montagnes
Je gravis des falaises et devant moi, s’ébrouent les océans fougueux
Je dors au pied d’un arbre et les herbes me bercent

J’entends ça et là, des insectes, des oiseaux,
Des rongeurs, des félins, des cervidés
J’aime les chants des animaux

Partout, aujourd’hui, le bonheur m’attend

Et vous qu’avez-vous vu ?
Qu’avez-vous fait fait pour qu’un jour vous puissiez dire
« Aujourd’hui, dans la nature, le bonheur m’attend » ?

Il m’a suffi d’y croire
D’y croire fermement
Et comme tant d’autres de me mettre en mouvement

Il fallait laisser la nature reprendre vie
Il fallait lui redonner des forces
La protéger
La chérir
Et surtout

Il faut encore
La laisser être

Réapprendre à faire route, à faire cycle, avec et non contre elle
J’ai 160 ans, et un jour j’y ai cru,
J’ai choisi
Le bonheur m’attend.

  • Camille 21/06/19