Une introduction à la méditation, par Gabriel Lechemin – ancienne association Méditation Naturelle (Abbaye de Lieu Restauré, Oise).

Résilience, comment rebondir après l’échec, le doute, la violence et vivre une vie plus épanouie, accomplie et sereine ?

Dans notre culture la résilience* concerne la capacité d’un individu à se reconstruire après un choc, un trauma ou une difficulté d’existence. Dans la culture anglo-saxonne, on parle de résilience pour évoquer la capacité d’un écosystème à se renouveler, à se régénérer après une destruction. Avec l’association Écoliens, nous utilisons la résilience à la fois pour l’être humain et pour la Terre.

Nous questionnons à la fois notre rapport à nous-même et à la nature. Qu’est-ce qui fait le lien à nous-même ? Nos émotions. Qu’est-ce qui fait le lien à la nature ? Le bien-être qu’elle nous procure à travers sa beauté, sa force de vie et l’inspiration qu’elle nous donne.

Le ressenti est une notion fondamentale qui nous donne à la fois notre sentiment d’appartenance à l’humanité, notre centre et notre ancrage. Ainsi nous pouvons nous « sentir » reliés les uns aux autres, clair dans notre direction et nos choix, et enfin, sûrs de nous et les pieds sur Terre.

« Ce qui ne s’exprime pas s’imprime »

– Carl Gustav Jung, psychanalyste.

Les psychologues et les thérapeutes occidentaux ont travaillé sur trois notions complémentaires : la communication, la sensibilité et la perception. Comment faire, dans une culture où les émotions sont mal vues – par pudeur ou par peur – pour exprimer ce qui est nécessaire à notre bien-être ? Comment aller mieux si notre sensibilité est vue comme une faiblesse ? Et si notre vulnérabilité était aussi la même énergie d’où proviennent notre force intérieure, notre élan de vie et notre sentiment de sécurité ?

Calinothérapie,  stage « Permaculture holistique » – 2017   (Val de Consolation, Doubs).

Pour améliorer notre rapport à soi et aux autres, ou encore à la nature on évoque souvent la communication comme clé principale, mais est-ce suffisant ?

Non. Le ressenti est fondamental si nous voulons entreprendre la plus belle aventure humaine qui soit : le voyage vers son coeur, ses émotions. En effet, les traditions millénaires de la Chine et de l’Inde ont démontré l’importance de plusieurs centres énergétiques, en contradiction avec une vision « cérébrale » de l’être humain.

Plus tard, les scientifiques ont intégré ces notions grâce à l’expression : « les trois cerveaux » ou « les trois centres d’intelligence », que sont la tête (intellect), le coeur (ressenti), le ventre (émotions profondes), grâce à la découverte de cellules identiques aux neurones dans le coeur et l’intestin. Ainsi, l’institut « Heart cohérence » aux États-Unis a mis en évidence que le champ magnétique émis par le coeur est dix fois plus important que celui émis par le cerveau. Il a aussi démontré que le phénomène émotionnel ne dure en réalité que 2 minutes tout au plus. S’il dure plus longtemps qu’est-ce alors ?

« La tête est le serviteur.
Le coeur sait tout du ventre. »
– Osho

Partage de ressentis avec humour,  stage « Permaculture holistique » – 2017   (Val de Consolation, Doubs).

Massage dans un cours d’eau,  stage « Permaculture holistique » – 2017   (Val de Consolation, Doubs).

Est-ce que la nature peut nous aider à nous sentir mieux ?

Dans un grand nombre de traditions, et notamment les peuples premiers – souvent pacifiques – une place première est accordée à la nature, qui est la voie de l’enseignement. Dans nos sociétés de béton et de verre, aux surfaces artificialisées par l’agriculture industrielle, ce lien à été perdu. Pour le retrouver des scientifiques ont écrit sur la sylvothérapie au Japon, d’autres envisagent des immersions dans la nature, telle que « survie douce » (se nourrir de ce que l’on trouve), d’autres encore proposent de développer leurs perceptions et sensibilité pour développer un dialogue subtil avec les plantes (Devas, intuition, langage du corps). Nous proposons avec l’association Écoliens de se (re)connecter à ses ressources émotionnelles, de ressenti et de développer des perceptions afin de d’intégrer la nature dans la participation à un mieux être en douceur.

« Dans de nombreuses traditions chamaniques, si vous alliez voir un(e) chaman ou un(e) homme/femme médecine pour vous plaindre d’être découragé, abattu, ou déprimé, ils poseraient une de ces quatre questions.
Quand avez-vous arrêté de danser ?
Quand avez-vous arrêté de chanter ?
Quand avez-vous cessé d’être enchanté par les histoires ?
Quand avez-vous arrêté de trouver le réconfort dans le doux territoire du silence ?Car lorsque nous avons arrêté de danser, chanter, être enchanté par les histoires, ou de trouver un réconfort dans le silence, c’est là que nous avons l’expérience de la perte de l’âme. La danse, le chant, les contes et le silence sont les quatre baumes de guérison universels. »
– Gabrielle Roth

Notes :

*La résilience est un terme qui a été vulgarisé par le neuro-psychiatre et écrivain Boris Cyrulnik, qu’il a tiré des travaux d’un psychiatre écossais John Bowlby. On lui doit des ouvrages majeurs qui ont inspiré notre époque, comme Un merveilleux malheur et Les vilains petits canards.